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Le démantèlement de la « jungle »

Dismantling the jungle camp

 

Voilà les chiffres affichés en salle de presse. On serait donc à près de 1700 évacués pour la 1ère journée...

Fatigue, espoirs ou refus de partir : paroles de migrants à Calais

Après nombre de désillusions, un nouveau saut dans l’inconnu attend les migrants de Calais après l’opération de démantèlement de la « jungle ».

Des files et des files de migrants, des files et des files de bagages… En ce jour de démantèlement, à Calais, les regards de ceux qui habitaient par milliers le bidonville trahissent fatigue et inquiétude. Après tant de désillusions déjà vécues, un nouveau saut dans l’inconnu les attend. Ils ont fait part de leurs craintes et de leurs espoirs aux envoyés spéciaux du Monde.

  • Firaol, 16 ans : « Je ne sais pas encore si c’est une chance »

Firaol est parmi les tout premiers dans la file d’attente pour entrer dans le hangar qui doit répartir les migrants dans les centres d’accueil et d’orientation de 11 régions de France. A 16 ans, cet Oromo, une ethnie d’Ethiopie en conflit avec le pouvoir, en a assez du froid et de la peur qui ne le quittent pas depuis qu’il est arrivé dans la « jungle », il y a deux mois. Mineur, il rêve encore de pouvoir rejoindre Londres, mais sait que ce n’est pas gagné.

« Je ne sais pas encore si c’est une chance ce qui se passe… Peut-être que oui, peut-être que non… mais je tente le coup ! », dit-il.

  • Muhammad Ibrahim : l’espoir de « changer de vie »

Muhammad vient du Soudan. Il est arrivé « là » il y a seize mois. Malgré la fatigue du voyage et de la vie dans le camp, il sourit en ce lundi matin glacé d’octobre. « Je n’ai pas peur, je suis content. J’ai besoin de changer de vie… Alors je suis prêt à rester en France, n’importe où ! »

  • L’épuisement d’un Soudanais de 24 ans

Un sac contenant toute sa vie accroché à l’épaule, un autre Soudanais raconte son épuisement. A 24 ans, voilà deux années qu’il vit dans le bidonville de Calais. « C’est long », raconte-t-il dans cette nouvelle langue qu’il a appris seul, le français. Pour lui, « ce qui compte, c’est de vivre en Europe ».

  • Mohajir veut rester dans la « jungle »

Mohajir, lui, refuse de monter dans le bus. Vivre en Angleterre, c’est son « rêve », alors personne ne l’empêchera d’aller là-bas, où de la famille l’attend. Dans la « jungle » depuis un an, il restera là, ou reviendra, mais il tentera « encore et encore » de passer.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr  2016/10/24/


REACTIONS POLITIQUES

Alors que le départ de migrants et de réfugiés de la "jungle" de Calais se poursuit, les responsables politiques ont réagi à l'opération de démantèlement. Ainsi, pour la porte-parole du parti Les Républicains, Bérangère Poletti : "Le gouvernement a attendu beaucoup trop longtemps (...). On ne résout pas ce problème du Calaisis. On le déplace. (...) Beaucoup veulent absolument aller en Grande-Bretagne et se cachent.Nous sommes face à un déni de démocratie de la part du gouvernement qui méprise complètement la maire de Calais [Natacha Bouchart, Les Républicains] qui n'a pas été ni consultée, ni associée au dispositif."

Dans un communiqué, le Parti communiste français estime que ces "conditions d'évacuation sont discutables et ne devraient en aucun cas aboutir à une opération sécuritaire. Des migrants qui veulent absolument rejoindre la Grande-Bretagne ont commencé à se disperser dans le Calaisis, le Dunkerquois et sur le littoral belge. A la veille de l'hiver, c'est le retour à la clandestinité, dans des mini jungles". 

A l'inverse, Michèle Rivasi, qualifiée pour le second tour de la primaire d'Europe Ecologie-Les Verts, s'est dite favorable à "un démantèlement, parce que ce bidonville ce n'était pas, d'un point de vue humanitaire, acceptable. Il faut (...) avec les Anglais, être draconien sur le regroupement des enfants. C'est inadmissible qu'il y ait 1 200 enfants et qu'ils en prennent au compte-gouttes et que ces enfants restent là sans contrôle"