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Les effets cancérigènes du tabac

Cancerous effects of tobacco

 

Un paquet de cigarettes par jour induit 150 mutations des cellules pulmonaires par an

En séquençant plus de cinq mille génomes de tumeurs, une équipe internationale de chercheurs a évalué les dégâts du tabac à l’échelle moléculaire.

Alors que les autorités sanitaires viennent de lancer, début novembre, l’opération Moi(s) sans tabac, une vaste campagne de lutte contre le tabagisme, voilà un nouvel argument qui pourrait finir de convaincreceux qui hésitent encore à arrêter la cigarette.

Fumer un paquet par jour entraîne l’apparition d’en moyenne 150 mutations par an dans chaque cellule pulmonaire, selon une étude internationale publiée dans la revue Science datée du vendredi 4 novembre. Un chiffre frappant qui permet de mieux comprendre le risque élevé qu’ont les adeptes de la cigarette de développer un cancerbronchique au cours de leur vie, quand s’accumulent ces transformations.

Les cellules bronchiques ne sont bien sûr pas les seules affectées. Pour cette même consommation d’un paquet quotidien, le nombre de mutations annuelles induites par le tabac est de l’ordre de 97 dans les cellules du larynx, 39 dans celles du pharynx, 23 dans la cavité buccale, 18 dans la vessie et 6 dans le foie, estime Ludmil Alexandrov, de l’université de Los Alamos, aux Etats-Unis, premier auteur de l’article, et ses collègues (issus de prestigieux centres de recherche en génomique, tels le centre Sanger, au Royaume-Uni).

A l’échelle clinique et de santé publique, les effets cancérigènes du tabac sont établis de longue date. Considéré comme la première cause évitable de cancers, il est associé à dix-sept localisations tumorales : poumon, bouche, larynx, pharynx, œsophage, foie, pancréas, sein…

Toutes causes confondues, ce toxique a tué cent millions de personnes au XXe siècle, évalue l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Et si le monde continue sur cette lancée, le bilan pourrait s’élever à un milliard de victimes au XXIe siècle, craint l’organisation onusienne.

Etude des altérations génétiques et épigénétiques

Mais à l’échelle moléculaire, les mécanismes de la toxicité du tabac restaient jusqu’ici plus mystérieux. Comment les milliers de composants chimiques de la fumée, dont soixante à soixante-dix sont des cancérigènes connus, créent-ils des anomalies de l’ADN qui vont finir par engendrer des cancers ?

Pour élucider ces processus, les auteurs de l’article de Science ont analysé les différentes altérations génétiques et épigénétiques (non codées dans l’ADN) présentes dans des génomes de tumeurs.

Au total, quelque 5 243 génomes ont été étudiés, représentant treize localisations de cancers potentiellement favorisés par le tabagisme. Ludmil Alexandrov et ses coauteurs ont comparé les atteintes de l’ADN – substitution de bases, délétions, etc. – dans des tumeurs diagnostiquées chez des fumeurs et des non-fumeurs. Cette approche dite d’« archéologie moléculaire » permet de reconstituer les événements qui ont conduit au développement de cellules cancéreuses.

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