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Le Tour a pris l’eau

The Tour takes on water

 
Des gueules noires à l'arrivée, sur le site minier de Wallers-Arenberg, on aurait dû s'en douter. Mais de la part de la météo, on espérait moins de clichés. C'est pourtant bien le vent et le pluie qui peuvent être couronnés vainqueurs de la 5e étape à moitié courue en Belgique. Détrônés les pavés, dont deux secteurs avaient été mis de côté par les organisateurs dès le matin. Restaient sept secteurs tant redoutés, mais qui n'auront même pas été frôlés par Chris Froome, le vainqueur de la dernière édition du Tour ayant abandonné avant même le premier d'entre eux, et après deux chutes.

La pluie qui a eu raison du champion semblait également avoir chassé les spectateurs, peu nombreux au bord des routes embrumées qui précédaient l'entrée sur les pavés. Les quelques valeureux qui ont resisté se pelotonnaient sous des abris de fortune, des arbres aux stations-service en passant par les tracteurs ou les abribus. Pour d'autres, le passage de la caravane aura permis d'attraper un précieux parapluie ou une cape, ou encore d'empiler un bob sur une casquette sur une casquette sur un bob. Après quelques heures sous la pluie, être sec, c'est être moins mouillé que le chien (sagesse populaire du Hainaut).

En débarquant dans la zone où stationnent les bus des équipes, située quelques hectomètres après la ligne d'arrivée, les coureurs offrent quant à eux des tronches de soldats sortant des tranchées, rendant involontairement hommage aux acteurs de la Grande Guerre, dont le Tour commémorera le centenaire demain, en passant par le Chemin des Dames. Chacun se fraie un passage au milieu des centaines de spectateurs / journalistes venus glaner des autographes / réactions, alors que eux ne rêvent que de se défroquer, grimper dans leur bus, ne parler à personne, et passer une heure sous une douche brûlante (ci-dessous, le postérieur de Fabian Cancellara et le vélo de Geraint Thomas).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le car du bus de l'équipe Sky est assailli. La foule oblige les voitures et les passants à emprunter le bas-côté de la route depuis longtemps transformés en longue bande boueuse où les premières risquent de s'embourber, et les seconds de perdre une chaussure mal lacée. Sous une pluie incessante, les reporters recueillent tant bien que mal le récit de la journée par les coureurs ayant eu le courage de ressortir la tête de leur bus après la douche, puis regagnent la salle de presse, où l'on entend bien vite les premières quintes de toux et les premiers éternuements. Pas sûr que tous les journalistes résisteront mieux que Chris Froome à la pluie du Nord.

Henri Seckel et Lucie Soullier le 9 juillet 2014

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