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Les sous-doués du sous-pull

The non-attributes of the poloneck

 

La mode de l'automne a attrapé un virus vintage. Pas toujours pour le meilleur.

Et dans la catégorie "pour le pire", difficile d'échapper au retour du sous-pull, sorte de créature mythologique de la rentrée des classes, star des cours de récré, au sommet de sa gloire à la charnière des décennies 1970-1980. Si on peut éprouver une forme de nostalgie pour sa version CE2, sa déclinaison en taille adulte est en revanche plus problématique. Son effet second peau, notamment, invite à la circonspection.

La puberté et un abus prolongé de pains au chocolat à l'heure du goûter ont provoqué l'apparition de diverses courbes naturelles et bourrelets moins désirables, soulignés d'un même élan par le sous-pull. La disparition du cou dans le col montant achèvera de donner au torse un aspect cubique-ondulé qui sied davantage à la sculpture contemporaine qu'au corps féminin, toutes époques confondues. Par ailleurs, l'usage de cette pièce implique un recours à la superposition qui accentue encore les dégâts.

A l'effet peau de saucisson s'ajoute un aspect feuilleté qui donne un moelleux supplémentaire à la silhouette. A ce stade, la métaphore charcutière-pâtissière est déjà suffisamment écoeurante. Mais les réjouissances ne sont pas tout à fait finies : le sous-pull a souvent le douteux privilège d'être taillé dans un textile élastique et peu respirant : une combinaison idéale pour transpirer bien au chaud et luire du nez avant la pause déjeuner.

A l'âge adulte, le sous-pull a donc toutes les qualités d'un préservatif vestimentaire qui tiendra à distance tout représentant du sexe opposé doté d'un minimum de bon sens olfactif. Celles qui souhaitent se faire des amis - et les garder - le remiseront donc au fond du placard avec leur collection de gommes Hello Kitty.

Par Carine Bizet (M le magazine)