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Aung San Suu Kyi, une liberté très calculée

A calculated risk

 

En levant l'assignation à résidence d'Aung San Suu Kyi, la junte espère briser l'isolement du régime. Et obtenir la levée des sanctions ?

Pendant combien de temps lui laisseront-ils sa liberté ? L'assignation à résidence d'Aung San Suu Kyi expirait le 13 novembre. Il lui a fallu attendre la fin de l'après-midi pour qu'une brochette d'officiels vienne lui notifier qu'elle était, enfin, libre et qu'elle sorte saluer la foule qui l'attendait. Dès le lendemain, elle se rendait au siège de son parti, officiellement dissous pour avoir refusé de participer aux élections du 7 novembre.

En libérant cette icône, Prix Nobel de la paix 1991, la junte a pris un risque calculé. Une semaine après avoir organisé un scrutin considéré comme une mascarade par la communauté internationale, la dictature birmane espère sans doute que ce geste, réclamé non seulement par les Occidentaux, mais aussi par les pays "frères" de l'Association des Etats de l'Asie du Sud-Est (Asean), lui permettra de rompre son isolement. Et peut-être, à terme, de voir lever les sanctions qui frappent la Birmanie.

La première réaction pourrait venir de Bruxelles. Les Européens envisageraient de dépêcher sur place, dans les prochaines semaines, une délégation conduite par Catherine Ashton, la haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères. A condition bien sûr que celle-ci ait l'assurance de pouvoir s'entretenir avec Aung San Suu Kyi.

Pour le reste, cela dépendra de l'attitude qu'adoptera l'opposante. "Son avis, confie un diplomate, sera déterminant." Moins de vingt-quatre heures après sa libération, elle se disait prête à discuter, avec la junte comme avec les pays occidentaux, d'une éventuelle levée des sanctions si tel était le "souhait véritable" du peuple birman. "Le moment est venu où la Birmanie a besoin d'aide", ajoutait-elle.