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La barbe à papa

Candy Floss

 

C’est la poésie gourmande de l’enfance. Celle des fêtes foraines, des cirques et des kermesses auxquels on associe la douce odeur sucrée de ces gros nuages cotonneux. Autour d'un fin bâton en bois, celui que l'on prenait alors pour un magicien réussissait à transforme quelques grammes de sucre coloré en une boule rose, parfois blanche et même bleue. De son geste expert enroulant de longs filaments, le fabricant de barbe à papa faisait grossir le ballon duveteux sous les yeux gourmands des enfants. Barbe à papa : quel nom étrange dont l'étymologie reste, aujourd'hui encore, un mystère. L'invention de cette sucrerie, c'est surtout celle d'une machine à rêve gustatif, un gros chaudron en fait, imaginée aux Etats-Unis en 1897 par John C. Wharton, confiseur, et William Morrisson, dentiste !

Dès leur première démonstration, à l'Exposition universelle de Saint-Louis , aux Etats-Unis, en 1904, ces deux amis de Nashville remportent un succès retentissant avec leur création baptisée cotton candy. Et ce malgré son coût, 25 cents, l'équivalent de la moitié du ticket d'entrée au salon. Le fonctionnement de cette machine ? Un cône dont le centre tourne sur lui-même et dans lequel on jette sucre et colorant. La force centrifuge fait le reste : l'air brassé permet de gonfler le sucre, le contact avec l'air le solidifie.

L'engouement pour cette confiserie perdure aujourd'hui. Elle était proposée aux soirées branchées Construction, organisées jusqu'à fin juillet au Palais de Tokyo, et le défilé Louis Vuitton printemps-été 2012 a quant à lui été qualifié de "manège aux couleurs barbe à papa" pour ses étoffes mousseuses pastellisées. Les industriels surfent sur cette vague régressive (comme Tefal et son appareil à barbe à papa aux couleurs orangées pimpantes), tout comme les supermarchés qui proposent, dans leurs rayons, une version en boîte. Bien moins attrayante, il faut le dire.  

Catherine Maliszewski