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Un "loto bouse" en France

Cow pat bingo in France

 

Le Point.fr - Publié le 29/09/2013 à 15:08

Un "loto-bouse", variante dégoulinante du fameux jeu de hasard, vient de se tenir en Seine-et-Marne. Les ingrédients ? Une vache, un pré et de la patience.

À Favières-en-Brie, le loto se joue debout, à l'extérieur et avec... une vache.  Le principe, clairement édicté dans le règlement de la compétition, est le suivant : "Avant le début du jeu, le bovin est conduit au centre de l'aire quadrillée sur une zone neutre. Un décompte de 15 secondes est fait avant que le départ réel du jeu ne soit homologué. Lorsque le bovin fait sa ou ses bouses, le numéro de la case* sur laquelle elle se situe est relevé et énoncé à haute voix par le commissaire." 

Initialement prévu dans le stade de la commune, ce premier "loto-bouse"  a, un temps, été menacé. "Des manouches s'étaient installés", raconte Daniel Bouzonie, paysan du coin à l'accent bien marqué : "Le maire est venu, on se connaît bien. Je lui ai prêté mon pré, à condition qu'il n'y ait aucun déchet à la fin du concours. Les vaches n'aiment pas ça."   Né dans la région, le fermier avait déjà prévu de fournir le bovin. "Le problème, c'est qu'on ne savait pas si elle allait péter ou pas." 

Bloquée dans une remorque pendant près d'une heure, Hortense aurait pu faire sa difficile. "On avait choisi la plus gentille, mais avec la foule, c'était compliqué. Je peux vous dire qu'elle n'était pas contente d'être là." Le stress, sans doute. Elle s'est finalement décidée à lâcher sa "grosse bouse" sur la case 1 271, moins d'un quart d'heure après son entrée dans le pré. 

Un ex-avocat pour gérer les litiges 

Avocat à la retraite, Guy Lautier avait été assermenté pour que tout cela glisse bien : "Monsieur Bouzonie est un type sérieux. Il avait bien préparé la vache mais, selon lui, cela aurait pu prendre jusqu'à deux heures." Problème, le règlement n'en prévoyait qu'une. Au-delà, le vainqueur aurait été désigné par tirage au sort. "Le souci, c'est que la bouse n'est pas un composite uniforme. Si elle était tombée sur quatre parcelles à la fois, ça aurait été compliqué. Deux, on aurait réglé ça à l'oeil, ou au poids." 

Et si la commune avait pris un risque avec le prix des tickets (cinq euros), les deux mille disponibles ont finalement tous été écoulés : "Je ne pensais pas que les gens riraient tant", se félicite l'avocat : "L'ensemble des bénévoles a fait un gros travail, notamment pour le tracé des lignes qui a nécessité 800 kilos de plâtre. Mais finalement, c'est un concours qui colle bien avec la mentalité de Favières, très rural." Précédé d'un festif banquet, qu'il compare aux fameuses aventures d'Astérix et Obélix, le concours devrait sans trop de problèmes être renouvelé l'année prochaine. "Je vous assure, c'est énorme", insiste monsieur Lautier. Chez nous on ne gratte pas, on bouse !"


* Les deux mille cases (ou parcelles) étaient des carrés de quatre-vingts centimètres de côté.