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Deux cimetières qui valent le voyage

Two cemeteries worth the visit

 

Bien sûr, il y a la Vallée des Rois, en Egypte, ou le Taj Mahal, en Inde. Mais qui dit tombeaux ne dit pas forcément cimetières. Lieux ouverts, villes des morts dans les villes des vivants, jardins et promenades, les cimetières sont tout cela à la fois. Certains d’entre eux méritent bien plus que la visite rituelle du jour des défunts, le 2 novembre – jour officiel de la Fête des morts en Europe. Il existe d’ailleurs une association européenne des cimetières remarquables, l’ASCE (Association of Significant Cemeteries in Europe), qui regroupe 22 pays et pas moins de 179 cimetières.

Sépultures de personnages célèbres, curiosités architecturales, allées arborées… les cimetières recèlent de nombreux trésors. Nous en avons sélectionné deux en France.

Le plus visité : le Père-Lachaise, à Paris

C’est une des attractions de la Ville Lumière. Avec plus de 3 millions de visiteurs par an, le Père-Lachaise est le cimetière le plus visité au monde. Situé au nord-est de Paris, dans le 20e arrondissement, il doit son nom au confesseur de Louis XIV, l’abbé François d’Aix de La Chaise. Mais ses 44 hectares et ses 70 000 concessions en font surtout une admirable balade, en toutes saisons, entre parc à l’anglaise et name dropping. Car il y a du monde au Père-Lachaise, et du beau : de A comme Apollinaire à W comme Oscar Wilde, les personnalités du monde des arts, de la politiqueou des sciences se bousculent six pieds sous terre.

Caveaux gothiques, tombes haussmanniennes, petites colonnades à l’antique, l’architecture est éclectique, et l’imagination sans borne. Erotique – la tombe du journaliste Yvan Salmon, dit Victor Noir (1848-1870), fait l’objet d’un culte –, le Père Lachaise raconte aussi un des derniers grands drames de la capitale. A partir de 1988, avec notamment Jean-Paul Aron et Guy Hocquenghem, les morts du sida sont accompagnés par leurs amis au crématorium à un rythme tragiquement soutenu.

Cimetière du Père-Lachaise, 16, rue du Repos, 75020 Paris. Pere-lachaise.com

Le plus émouvant : Auvers-sur-Oise

L’image est poignante, et il doit falloir un cœur de pierre pour ne pas êtresaisi par l’émotion face à ces deux stèles symétriques gravées de noir : à gauche, il est écrit « Ici repose Vincent Van Gogh – 1853-1890 », à droite « Ici repose Théodore Van Gogh – 1857-1891 ». Nous sommes au cimetière d’Auvers-sur-Oise, un petit village du Val-d’Oise, à 30 km au nord de Paris. Van Gogh y vécut les derniers mois de sa vie, et il y peint plus de 70 toiles, considérées comme autant de chefs-d’œuvre.

Le cimetière est de ceux que l’on visite pour un nom, et ici deux prénoms. En hommage, en pèlerinage, mais aussi pour visiter Auvers et ses rues chargées d’histoire : dans le village, la maison du docteur Gachet et l’église Notre-Dame-de-l’Assomption, qui ont servi de sujets au maître, se visitent toujours. Il faut aller à Auvers après avoir lu les Lettres à Théo, de Vincent Van Gogh, publiées pour la première fois en 1914 par la veuve du jeune frère du peintre. Elles disent toute l’affection qui liait ces deux Néerlandais qui moururent en France, un pays qui n’était pas le leur, mais qui fut celui de leurs courtes vies.

LE MONDE | 23.10.2016 à 07h37 | Par Thomas Doustaly